IA pour consultants : 8 tâches à automatiser sans coder, et 3 à garder pour soi
Un consultant vend du jugement. Tout ce qui n'est pas du jugement, relancer, résumer, chercher, saisir, reporter, est du temps non facturé. L'IA utilisée dans ChatGPT aide une tâche à la fois, quand on est devant. L'IA utilisée dans un workflow fait tourner ces tâches sans qu'on soit devant. Voici les huit que nous voyons revenir chez les consultants et les freelances, avec pour chacune le déclencheur, ce que fait l'IA, ce que fait le code, et le contrôle qui reste au consultant.
1. Le tri du courrier
Chaque mail non lu est classé en six catégories (urgent, client, prospect, partenaire, administratif, newsletter) et étiqueté dans Gmail ou Outlook. Les urgents déclenchent une alerte dans la minute. Un journal enregistre chaque classement avec le niveau de confiance de l'IA ; sous 60 %, l'étiquette est « autre » plutôt que fausse.
Pour un consultant, le point utile : donner au prompt la liste des domaines de ses clients actifs. « Client » devient fiable, et « prospect » se détecte par contraste. Rien n'est répondu, rien n'est supprimé : étiqueter.
2. Les relances de devis
C'est la tâche la plus souvent non faite. Chaque jour ouvré à 8 h 30, un workflow lit le tableau de devis (numéro, client, e-mail, objet, montant, date d'envoi, statut), repère ceux envoyés depuis cinq jours sans relance ou douze jours avec une seule, et rédige une relance personnalisée, courtoise, sans remise ni délai inventé, déposée en brouillon avec le destinataire pré-rempli. La date de relance est notée dans le tableau.
Le consultant relit chaque brouillon et l'envoie d'un clic. Après deux relances, le workflow s'arrête : décision humaine. Pour les devis au-dessus d'un seuil, remplacer le brouillon par une alerte « à appeler » : un devis à 15 000 € se relance de vive voix.
3. Le compte rendu de réunion
Un enregistrement déposé dans un dossier (depuis le téléphone, en sortant) est transcrit et résumé : titre, participants cités, résumé, décisions, actions avec responsable et échéance, points ouverts. Le compte rendu arrive par mail, avec la mention « à relire ». Variante utile au consultant : demander au prompt de distinguer les engagements du consultant de ceux du client, et d'ajouter une section « hors périmètre » listant les demandes qui sortent de la mission. C'est la matière de l'avenant.
Point d'attention : informer les participants que la réunion est enregistrée et traitée par un service d'IA.
4. La fiche avant rendez-vous
Une heure avant chaque rendez-vous avec une personne externe, une fiche d'une page : qui, ce qu'on s'est dit la dernière fois (les dix derniers mails), ce qui a été promis, le devis en cours, la facture en retard, trois points à aborder, trois questions. Assemblée depuis Gmail, le tableau client et le tableau de devis. Le garde-fou : « si une source est vide, écris “aucun élément” ; n'invente ni historique ni chiffre ». Une fiche qui dit « aucun échange récent » est utile ; une fiche qui invente un échange est dangereuse.
Après le rendez-vous, un formulaire de trois champs (résumé, promesses, prochaine étape) alimente la fiche de la prochaine fois.
5. Le reporting du vendredi
Un bloc de code lit le journal d'activité (date, client, type, description, heures, montant), filtre les sept derniers jours, calcule heures et montants par client, par type, et liste les lignes bloquées. L'IA reçoit ces chiffres et rédige : « En bref », tableau par client, répartition du temps, points bloqués, et trois questions pour la semaine suivante, pas des conseils. Avec l'interdiction de calculer, d'extrapoler, ou de comparer à une semaine qu'elle ne connaît pas.
Variante : lire aussi le tableau de devis pour une section « Commercial », et calculer le taux de jours facturables.
6. La veille
Chaque lundi, le workflow visite les sites de cinq concurrents et trois médias du secteur, compare une empreinte du contenu à celle de la semaine précédente (pas d'appel IA si rien n'a changé), et produit une note d'une page : trois faits de la semaine, un tableau par source, trois questions. Faits, pas d'avis. Une requête par site et par semaine, dans le respect des conditions d'utilisation ; pas de scraping de LinkedIn.
7. Le devis à partir d'un brief
Un brief (formulaire ou mail) devient un devis : l'IA choisit les lignes de prestation dans votre grille (codes, unités, descriptions), estime les quantités et justifie chacune, liste les hypothèses, les exclusions et les questions à poser avant d'envoyer. Le code fait la jointure avec les prix, calcule les totaux, remplit votre modèle Google Docs, exporte le PDF, et le dépose en brouillon avec un mail d'accompagnement. L'IA ne voit pas les prix, ou a l'interdiction de les utiliser. Une ligne apparaît dans le tableau de devis avec le statut « brouillon » ; quand vous l'envoyez, les relances prennent le relais.
8. L'assistant de données dans Slack
« Combien d'heures chez Bleu ce mois-ci ? » « Quels devis sont sans réponse depuis dix jours ? » Un agent en lecture seule sur vos feuilles répond, en montrant son calcul. C'est l'agent le plus sûr qui soit ; au bout d'un mois, le journal des questions révèle les chiffres que vous regardez vraiment, et ceux-là passent dans le reporting. Les règles pour les agents.
Les 3 tâches à garder
La proposition commerciale, dans son argumentation. L'IA peut rédiger la section « notre compréhension du besoin » à partir des échanges, en reprenant les mots du client ; elle peut structurer la démarche. L'argumentation, la promesse, le prix : c'est vous. Et chaque section générée se relit ligne à ligne.
La réponse à un client mécontent. Le workflow détecte le mail de réclamation et vous alerte dans la minute. La réponse, c'est vous. Un modèle peut préparer un brouillon d'écoute ; il n'envoie pas.
Le conseil. Dans tous les prompts de compte rendu, de synthèse, de fiche : « tu décris, tu listes, tu poses des questions ; tu ne recommandes pas ». L'IA prépare le terrain ; le consultant conseille.
Les outils et ce que ça coûte
Deux outils sans code : Make ou n8n, avec Gmail ou Outlook, Google Sheets, Google Drive, Google Calendar, et un fournisseur d'IA (OpenAI, Anthropic, Mistral) en crédit prépayé plafonné. Ordre de grandeur pour un consultant avec les huit automatisations ci-dessus : 20 € de plateforme, 5 à 8 € d'IA (la transcription des réunions est le poste principal), soit moins de 30 € par mois. Et 30 minutes par semaine pendant un mois pour installer, tester, relire.
Les prompts
Une bibliothèque de prompts écrits pour les consultants couvre les tâches ci-dessus et d'autres : note de cadrage à partir d'un échange, compte rendu d'entretien de diagnostic, grille d'entretien, synthèse d'atelier, réponse à une objection, mail de fin de mission et demande de témoignage, recadrage hors périmètre, check-list de démarrage de mission, préparation de comité de pilotage, refus de mission. Chacun avec un rôle, un contexte, une tâche, un format et des garde-fous, à adapter en cinq minutes. Comment les écrire et les tester.
Par où commencer
Tri du courrier en semaine 1, parce qu'il alimente tout le reste. Relances de devis en semaine 2, parce que c'est la tâche non faite qui coûte le plus. Fiche avant rendez-vous en semaine 3, parce que c'est la plus agaçante du journal de la plupart des consultants. Reporting en semaine 4 si tout tourne. Et avant tout ça, le journal de 5 jours : vos tâches, pas celles de l'article.
Le programme Autoflux fournit ces workflows prêts à importer (Make et n8n), les vingt prompts consultants, et un module gratuit qui installe le résumé de réunions en 30 minutes.